Bastaing madrier ou autre section bois : que privilégier pour une terrasse ?

Choisir entre un bastaing, un madrier ou une autre section bois pour construire une terrasse ne se résume pas à comparer des portées théoriques. La vraie difficulté commence au moment où le lot arrive du négoce : taux d’humidité variable, pièces voilées, sections parfois irrégulières. Comparer les dimensions nominales de chaque profil aide à dimensionner la structure, mais la stabilité dimensionnelle réelle du bois livré pèse autant dans la réussite du projet que le calcul de portée.

Stabilité dimensionnelle du bois livré en négoce : le critère que les sections ne disent pas

Un madrier en sapin de section 75×225 mm ou un bastaing de 63×175 mm affichent des caractéristiques mécaniques connues. Sur le papier, le choix se fait vite. Sur le chantier, la réalité diffère souvent.

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Les retours récents d’autoconstructeurs et de professionnels signalent des problèmes récurrents de rectitude et de gauchissement sur les madriers de grande section. Plus la pièce est épaisse et large, plus un séchage insuffisant provoque de déformations. Un madrier 75×225 livré avec un taux d’humidité trop élevé peut se tordre de plusieurs millimètres sur sa longueur une fois exposé à l’air libre.

Le bastaing, plus étroit, subit les mêmes contraintes mais dans une moindre mesure. Sa section réduite sèche plus uniformément, ce qui limite le gauchissement. Pour une terrasse, où les pièces de structure travaillent à plat et subissent des variations hygrométriques constantes, ce comportement au séchage compte autant que la résistance mécanique brute.

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  • Vérifier le taux d’humidité à réception avec un humidimètre : au-delà de 20 %, le risque de déformation augmente fortement, surtout sur les grandes sections
  • Trier les pièces voilées ou tuilées avant montage, quitte à prévoir un taux de perte sur la commande
  • Stocker le bois à plat, calé et ventilé, pendant quelques jours avant la pose, pour permettre une mise en équilibre hygroscopique

Charpentier mesurant un madrier ou bastaing sur la structure d'une terrasse en bois en construction dans un jardin

Bastaing, madrier et lambourde : tableau comparatif des sections pour terrasse bois

Les termes se mélangent souvent, y compris chez certains vendeurs. Voici les sections courantes disponibles en négoce, avec leur usage typique en structure de terrasse.

Dénomination Section courante (mm) Usage terrasse Sensibilité au voilage
Lambourde 40×60 à 45×95 Support direct des lames Faible (section fine)
Demi-bastaing / solivette 32×175 Solive intermédiaire ou doublage Modérée
Bastaing 63×175 Solive porteuse sur plots Modérée à élevée
Madrier 75×200 à 75×225 Poutre porteuse, grande portée Élevée

Le madrier 75×225 convient aux portées supérieures à deux mètres entre appuis. Si la conception de la terrasse permet de rapprocher les plots, un bastaing 63×175 suffit mécaniquement et offre un meilleur compromis en termes de stabilité dimensionnelle.

La lambourde en 45×95, souvent proposée en pin du Nord traité classe 4, se pose perpendiculairement sur les solives (bastaings ou madriers). Elle ne remplace pas la structure porteuse, mais c’est elle qui reçoit les lames de terrasse.

Essence et traitement : douglas, sapin, épicéa pour la structure de terrasse

Le choix de la section ne peut pas se dissocier de l’essence. Un bastaing en sapin traité classe 2 et un bastaing en douglas naturel ne réagiront pas de la même façon à l’eau et aux champignons.

Le douglas possède une durabilité naturelle supérieure au sapin et à l’épicéa. Son duramen (bois de coeur) résiste mieux à l’humidité sans traitement chimique. Pour une structure de terrasse extérieure, cette propriété réduit la dépendance au traitement autoclave.

Le sapin et l’épicéa, en revanche, exigent un traitement classe 4 pour un usage en contact prolongé avec l’humidité. Les pièces disponibles en négoce sont généralement traitées classe 2, ce qui convient à la charpente abritée mais pas à une terrasse exposée aux intempéries. Le cadre normatif NF DTU 51.4 encadre justement la mise en oeuvre des revêtements de sol extérieurs en bois et précise les exigences de durabilité selon l’exposition.

  • Douglas : adapté en structure de terrasse sans traitement lourd, à condition de protéger les coupes et les assemblages
  • Sapin ou épicéa traité classe 4 : solution économique, mais la pénétration du traitement reste parfois superficielle sur les grosses sections
  • Pin du Nord traité classe 4 : souvent proposé pour les lambourdes, bonne imprégnabilité grâce à un bois plus poreux

Terrasse en bois résidentielle terminée montrant les lambourdes et lames de terrasse en différentes sections bois, vue en perspective large

Conception de la terrasse : rapprocher les plots plutôt que surdimensionner les solives

La tentation classique consiste à choisir un madrier de forte section pour espacer les plots au maximum et réduire le travail de terrassement. Cette logique fonctionne en théorie. En pratique, elle multiplie les risques.

Un entraxe de plots réduit autorise des sections plus légères et plus stables. Passer de trois à cinq plots sur une ligne de cinq mètres permet de remplacer un madrier 75×225 par un bastaing 63×175, voire par une solivette 32×175 doublée. Le gain en stabilité dimensionnelle compense largement le coût supplémentaire de quelques plots béton.

Le forum Futura-Sciences rapporte un cas typique : un autoconstructeur prévoyait des bastaings sur seulement sept plots pour une terrasse de plus de dix mètres carrés, avec un entraxe de plots d’environ 2,25 m. Les lambourdes en 45×95 posées dessus devaient supporter les lames. Ce type de conception pousse les sections à leurs limites et rend le résultat très dépendant de la qualité du lot de bois reçu.

Une approche plus fiable consiste à limiter la portée libre entre appuis et à utiliser des sections modérées. Le sol dur (craie, terre compactée) facilite la multiplication des plots. Sur un sol meuble, des plots béton coulés restent la solution la plus pérenne pour le jardin.

Section bois pour terrasse : ce qui guide le choix final

Le dimensionnement d’une terrasse bois repose sur trois paramètres liés : la portée entre appuis, l’essence choisie et la qualité réelle du lot livré. Privilégier un bastaing sur des appuis rapprochés offre souvent un meilleur résultat qu’un madrier surdimensionné sur peu de plots.

La construction d’une terrasse durable passe moins par la taille de la section que par la maîtrise de l’humidité du bois, le tri des pièces à réception et le respect du DTU 51.4 pour la conception globale du platelage.

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